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Ce 7e Grand Prix Historique de Monaco n'aura pas déçu les
passionnés ; nous sommes toujours sous le charme de la Principauté, seul
véritable circuit en ville avec celui de Pau. L'ambiance y est authentique, loin du show-biz
rencontré avec les Grands Prix de Formule 1. Les spectateurs ont la possibilité
d'admirer et de photographier ces « bolides du passé » en toute
quiétude. L'accueil y est toujours remarquable, entre autre celui réservé par
le service de presse de l'Automobile Club de Monaco.
Quel plaisir de surprendre les pilotes à quelques mètres, bras
croisés, à l'épingle de « l'ancienne gare », (le virage
le plus lent des circuits de Formule 1). Les photographes ont des emplacements encore meilleurs
qu'en Formule 1. On retiendra la tolérance des services de police autorisant, le soir,
le stationnement (gratuit) tout au long du circuit, le long des rails de sécurité,
ainsi que la possibilité de s'apparenter à Stirling Moss, en parcourant le circuit...
à condition de ne pas chercher à réaliser un bon
« chrono » !
Tous les deux ans, les voitures de compétition depuis 1929, date du premier Grand
Prix de Monaco, (cette année, on en comptait 230) s'affrontent sur le tracé même
du Grand Prix de Formule 1. Elles ne sont pas là pour une promenade de santé,
chaque compétition est âprement disputée. La preuve, plusieurs d'entre elles
sont allées frotter les rails ! Heureusement, les mesures de sécurité sont
les mêmes que celles investies pour le Grand Prix de Formule 1.
Amédée Gordini a largement contribué à valoriser le nom de
Simca
Nous retrouvons, entre-autres, les monoplaces Simca-Gordini de 1946 et 1948, une
Matra-Simca MS 120C de 1971 et la glorieuse barquette T 23 S, construite sur une base Simca 8 et
magnifiquement restaurée par son propriétaire Eddie McGuire, que l'équipage
Behra-Manzon avait propulsé en tête des 24 Heures du Mans 1952 durant la nuit, devant
la Talbot-Lago de Pierre Levegh et toute l'équipe Mercedes, avant que les freins avant ne
lâchent ! De l'avis d'Eddie McGuire, elle est aussi performante que les Jaguar type C.
C'est à son volant que Robert Manzon, largement en tête de la coupe sport, sur le
circuit de Reims, (devant la Jaguar type C de Stirling Moss) a percuté le pylône haute
tension précédant le virage du Thillois, suite à la rupture de sa fusée
de roue. Il s'en est sorti miraculeusement indemne, alors que la colonne de direction avait
traversé son dossier ! Ce jour même où Jean Behra et sa Gordini ont connu
leur jour de gloire, en mettant KO la Scuderia Ferrari à l'issue du Grand Prix de
Formule 1.
La Talbot-Lago T 26 Grand Sport (évoquée ci-dessus) était
également présente, elle faillit bien remporter l'épreuve mais son moteur a
rendu l'âme une demi-heure avant l'arrivée. Signalons que Pierre Levegh a piloté
seul, pendant 23 h 30, refusant d'être relayé ! Alfred Neubauer,
directeur de l'écurie Mercedes, a bien cru être battu par les Français. En 1955,
il lui manquait un pilote pour compléter son équipe lors du retour de Mercedes au
Mans. Il se souvint de ce pilote qui lui avait fait couler des sueurs froides. Il fit appel à
lui... avec les conséquences dramatiques que nous savons (la catastrophe fit 84 morts).
Sur la route du retour, les images de ce week-end défilent dans ma tête,
comme un souvenir dont on ne se lasse pas.
Rendez-vous en 2012 pour un nouveau Grand Prix historique passionnant !
Texte et photos : Pierre Chrétien
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